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 J'ai le temps

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MessageSujet: J'ai le temps   Lun 11 Juin - 18:09

I- De retour
Quelque part à Dun Morogh, dans les environs de Gnomeregan, un éclair distordu vint frapper le sol avec un fracas assourdissant. Une cacophonie de bruits incessants éloigna les bêtes dans près de vingt mètres à la ronde. Une jambe se matérialisa, suivie d’un bout de torse. Puis l’apparition du corps fut complète quelques minutes passées. C’était un individu de taille moyenne, mais à la carrure robuste et à la musculature de plomb. Il était vêtu d’une armure épaisse, qu’il semblait porter sans difficulté, qui emplissait tout son corps. Sa tête était cachée par un heaume imposant calé entre deux larges épaulières qui tenaient une longue cape virevoltant derrière l’individu, visiblement déstabilisé par le voyage qu’il venait d’entreprendre. D’une main gantée, il tenait le manche d’une masse dont le poids était réparti sur son épaule. De l’autre, il s’appuyait avec une canne à pêche.
Amis de la Fondation, vous l’aurez compris. C’était Jak.
Mais où était-il passé ? Qu’avait-il bien pu se produire pour que l’individu se soit volatilisé si soudainement ? Quand Jak y repensait, lui-même n’y croyait pas et se demandait encore s’il était dans un rêve.

II- Loin derrière
Jak était terrorisé. Les ombres tournoyaient en répétant son nom, sans cesse, sans relâche. Les voix étaient de plus en plus chorales et bruyantes. Pour Jak, c’était insoutenable. Un peu plus et son cerveau éclatait. Une fois l’aube levée et les portes ouvertes, il sauta sur un cheval, qui n’était probablement pas le sien, et partit en quête d’une aide, de quelque chose, n’importe quoi. Il ne porta pas d’attention à l’elfe qui le guettait dans les plaines. Ni dans le tunnel. Ni lorsqu’il était sur la route. Tout à coup, son cheval disparu. A vrai dire, tout ce qui l’entourait disparu. Rien n’était vraiment clair dans sa vision, ni dans ce qui était en train de se produire. Il n’aurait pas pu dénombrer le temps qu’il avait passé dans cet état-là. Longtemps ? Brièvement ? Il n’aurait pas su le dire.


III- Un nouveau monde
Il ouvrit difficilement les yeux, la lumière du soleil lui semblait insoutenable. Il bégaya un charabia incompréhensible pendant quelques secondes, avant de retrouver ses esprits. Il était en pleine forêt. Une forêt sans feuillage. De la cendre avait remplacé le tapis de verdure qui recouvrait la forêt d’Elwynn. Les arbres n’avaient plus de feuilles ; les rivières étaient taries. Les paysans qui le dévisageaient d’un air morne étaient squelettiques. Il posa son regard sur Hurlevent. Les remparts étaient fâcheusement endommagés. Les portes étaient fermées. Une vingtaine de gardes étaient aux aguets devant l’entrée. Il tenta de leur adresser la parole, mais la réaction fut brusque.
« Dégagez ! Vous ne voyez pas que nous sommes occupés ? »
Alors il se dirigea vers Comté-de-l’or. C’était devenu un avant-poste fortifié entouré d’une multitude de taudis. Les habitants qui n’étaient pas au travail faisaient peine à voir : ils étaient blêmes, maigres, ils incarnaient l’indigence. A côté d’eux, Jak était des plus costauds. Il parvint à entrer dans le camp par des petites portes nichées dans des irrégularités de la muraille qui l’entourait. A l’intérieur, il n’y trouva qu’un endroit qui ne fut pas réservé aux soldats en exercice : la taverne. Il s’y aventura. Une puanteur nauséabonde s’échappait des cuisines. Jak était le plus musclé de tous, ce qui suscita chez eux une certaine curiosité. C’est sous les regards et les bouches bée qu’il demanda une bière à la serveuse.
« -Une… bière ? Vous avez de quoi payer ?
-Bien évidemment que j’ai de quoi me payer une bière.
-Eh bien… ça fera trente pièces d’or. »
Jak manqua de sauter au plafond.
« -Trente pièces d’or ?! Vous êtes tombée sur la tête ?
-Il y a un décret sur les prix fixes, et la bière, c’est trente pièces d’or. Après l’assaut sur les récoltes de houblon, c’est devenu une denrée rare. »
Il était stupéfait. Il se leva, faisant les gros yeux, et fouilla dans sa bourse qu’il sortir de sa besace.
« Et… qu’est ce que je peux avoir pour deux pièces d’argent ? »
La serveuse se mit à rire.
« -Une goutte d’hydromel.
-Bon sang… vous me faites peur, je suis bien à la forêt d’Elwynn ? »
-La forêt d’Elwynn ? Bon sang mais vous avez des années de retard mon cher, s’exclama la serveuse en riant.
-Mais… il y a bien Hurlevent, la forêt, ou du moins ce qu’il en reste…
-Hurlevent ? »
Elle se mit à rire de plus belle. Jak s’attendait à tout moment à ce que ses côtes visibles depuis sa maigre robe soient propulsés dans la pièce par l’impulsion de ses poumons.
« -Mon bon monsieur, il y a bien des décennies que je n’ai plus entendu parler de « Hurlevent » ! Si vous parlez de la capitale, elle a été renommée « Loreing », le nom de notre roi, il y a de ça très longtemps.
-Et… qu’en est-il du roi… enfin de l’ex-roi Varian ?
-Varian… la dernière fois que j’en ai entendu parler, c’était lorsque j’étudiais l’histoire de Loreing. Vous avez près d’un siècle de retard, vous savez. Mais d’où sortez-vous ? »
Jak se leva. Il se pinça une dizaine de fois pour s’assurer qu’il n’était pas dans un rêve. Il n’y était pas. Il sortit de l’auberge, suivi d’un vieillard. Ce dernier lui adressa la parole d’une voix tremblante.
« -Mon petit… je sais ce que c’est… tu viens de loin… comme moi…
-V… vous aussi ?
-Je… te conseille de… »
Il reprit sa respiration pendant quelques secondes.
« -… de n’en parler à personne… vu ta musculature, engage-toi comme soldat… et gagne la confiance de Nocelo…
-Qui est-ce ?
-Notre roi à tous… celui qui nous permet de mourir en toute sérénité…
-Je n’y manquerai pas. Merci bien !
-De rien, et bonne pêche ! »
Jak regarda ce qu’il tenait en main. Sa canne à pêche était là. Décidé à suivre les conseils du vieil homme, il alla parler à un garde. Il tenta une première fois, le garde le repoussa. La seconde également. Finalement…
« -Qu’est ce que tu me veux, encore ?
-C’est ton casque qui t’empêche d’entendre ce que je dis ? »
Jak retira violemment le heaume du garde. La tête était disproportionnellement petite par rapport au reste du corps. Jak avait l’avantage grâce à sa carrure.
« -ça fait la troisième fois que je le répète : où est-ce qu’on s’engage ?
-Tu sais pas lire ou quoi ? C’est écrit partout autour de toi sur des affiches !
-Justement, je ne sais pas lire ! »
Le garde se tut. Il lui pointa du doigt un homme, différemment des autres, bien plus musclé que Jak. Il hurlait sur des gardes, assez fort pour que l’enceinte entière sache quelle bourde ils avaient commis. Dès qu’il s’arrêta et se posa pour se calmer, Jak vint lui parler. L’homme, qui s’avéra être un recruteur, commença à l’inspecter.
« -M’ouais… vous êtes costaud, c’est un bon point. Vous savez vous téléporter ?
-Non.
-Manier le feu, le givre, la foudre ou les arcanes ?
-Eh bien… non plus…
-Manier la hallebarde, la massue ou l’estramaçon ?
-En fait, je me bats avec ma c…
-Une minute ! Je peux vous intégrer dans l’armée, mais vous allez devoir suivre une formation minimum. Et je peux vous dire qu’on y fera pas de la pêche, alors virez-moi ça !
-Ce que j’essaie de vous dire, c’est qu…
-Allez me jeter ça et prenez le prochain char qui arrive dans… »
A ce moment, un fracas infernal se fit entendre et plusieurs soldats se précipitèrent à l’extérieur. Jak put apercevoir le sourire inquiétant du recruteur qui, de toute évidence, signifiait qu’il devait les suivre. Ce qu’il fit. Ils étaient quatre, avec le conducteur. La machine vrombissante semblait stable, non comme celles de l’époque de Jak. Le trajet dura plusieurs heures, où les hommes apprirent à faire connaissance. Jak se tut sur son passé, pensant qu’il serait mieux de laisser planer un mystère. Le char s’arrêta. Les soldats descendirent et se dirigèrent vers un petit hameau de maisons vers la droite. Jak tenta de les suivre, mais un garde armé lui bloqua le passage.
« -Hep, vous avez une autorisation ?
-Non, je souhaite m’engager.
-Ah, un nouveau. Eh, Lucius, un nouveau ! »
Un nain arriva. Il sembla regarder les bras nus de Jak avec admiration.
« -Alors ça c’est un grand gaillard ! Avec tous les maigrichons qu’on se paye dans l’armée, ça nous fera du changement.
-ça veut dire que… je suis pris ?
-Ouep’, suis-moi. »
Il avança avec le nain à travers les habitations. Chaque apprenti –car ils étaient en formation- qu’il voyait ne devait pas avoir plus de dix ans. Le nain s’arrêta devant une maisonnette délabrée, où la nature commençait à prendre son emprise. Il fit signe à Jak d’y entrer, puis tourna les talons. Jak y entra. Il y avait près de deux-dizaines d’autres adolescents, tout comme ceux qu’il avait croisés, c’est-à-dire maigre, les cheveux rasés, vêtus du même uniforme composé d’une chemise et d’un pantalon de coutil bleu, ainsi que des bottes cousues en cuir et lassées avec un simple fil en osier. Il s’installa sur le seul lit de libre, sous le regard ébahis de ses compagnons de chambre. Soudain, une idée fusa dans son esprit. Puisqu’il était le plus fort, pourquoi ne pas en profiter ?
« Je suis Jak. J’ai vingt-et-un ans. Je vous préviens, je déteste être dérangé, alors gare à celui qui viendra m’embêter inutilement, il risquerait de bouffer le parquet, dit-il avec une voix la plus grave possible. »
Leur regard sembla se charger de crainte. Puis chacun retourna à ses occupations. L’un jouait de l’harmonica, d’autres lisaient, certains jouaient au yo-yo, ce que ne connaissait pas Jak. Il se leva et se fit le plus imposant possible, tendant sa main pour que l’enfant le lui donne. Il refusa. Jak gratta son heaume quelques secondes puis saisit l’enfant par le col. Ce dernier lui tendit le jouet. Jak le lâcha. Il retourna à son lit et tenta d’imiter son précédent propriétaire, en vain. Il fit des bons, tourna son bras, inclina sa main, tout, il n’y parvint pas. Ses compagnons de chambre se retinrent de rire, tournant le dos à Jak pour ne pas qu’il les soupçonne de quelque chose. Après une heure et un yo-yo lancé par la fenêtre, une cloche sonna.

IV- « Quand il s’agit des muscles, c’est plus moi l’élève ! »
« Les maisons sont conviées à l’entrainement ! »
Le contenu en apprenti de quatre maisons se joint à celle de Jak, dans un espace ouvert, cependant clôturé, où près de cinq groupes d’une centaine d’apprentis étaient rassemblés, un espace les séparant pour ne pas se perdre dans les comptes. Deux professeurs par groupe se placèrent devant ce qui devait être leur groupe d’élève respectif. Celui de Jak était, le premier, un homme d’une carrure similaire. Le second était une femme vêtue d’une robe écarlate et de minuscules mantelets. L’homme fit signe à ses élèves de le suivre, ce qu’ils firent. Ils se placèrent en cinq rangs de dix, où Jak se trouvait dans le premier. L’homme ouvra la bouche, et hurla d’une voix tonitruante :
« Ecoutez-moi bien. Je suis Hox, votre professeur. Vous n’êtes plus à l’académie à vous prélasser devant des bouquins. Ici, vous apprendrez à vous battre pour votre patrie. Et laissez-moi vous dire une chose : Nocelo déteste la défaite ! Alors il a engagé des durs pour former des personnes encore plus dures ! Quand vous en ressortirez, ce sera pour vous battre, et toujours vous battre, tellement que vous ne vous reconnaîtrez même plus dans une glace. Alors, que les mauviettes sortent du rang et retournent voir leur maman ! »
Personne ne bougea.
« Bien, vous avez au moins le mérite de ne pas me décevoir. Votre progression doit être fulgurante, vous entendez ? Fulgurante ! Je vais vous en faire voir des vertes et des pas mûres, bande d’avortons ! »
Il remarqua Jak.
« Enfin… avortons… pas pour tout le monde. »
Il saisit Jak par le poignet et tira. Jak se laissa faire.
« -Vous voyez cet homme ? A la fin de l’année, je veux que vous soyez comme ça ! Je veux avoir des copies conformes de cet homme. Dites-moi, comment avez-vous fait pour être aussi musclé ?
-Eh bien… j’ai passé mon enfance là-dessus, à vrai dire.
-Vous l’entendez ? Il y a passé son enfance ! Son enfance à se muscler ! Alors écoutez-moi bien, désormais, je nomme… votre nom ?
-Jak.
-Je nomme Jak responsable de la qualité de vos muscles. Alors dès qu’il le dira, dès qu’il le souhaitera, et même dès qu’il vous regardera, vous ferez tous les exercices qu’il vous dira quand il vous le dira ! C’est clair ? »
Les élèves firent un « oui » discret en ravalant leur salive.
« Jak, premièrement, vous allez m’enlever ce heaume. »
Jak posa ses mains sur son heaume. Il hésita longuement.
« Alors, qu’est ce que vous attendez ? »
Il le retira. Son visage était pâle dû au temps que sa peau n’avait pas passé au soleil. Il arborait une barbiche et des cheveux mi-longs parfaitement blancs, comme s’il eut été un mage de quatre-vingt ans. Il retourna à sa place sous l’ordre de son précepteur. Ce dernier se retira dans un fracas d’insultes qui auraient suffit à décourager n’importe quel apprenti. Ce n’est pas sans broncher qu’ils les subirent. La femme prit sa place.
« Je suis Lanna. Au cours de ces années, je serai votre professeur en magie. Nous apprendrons de fabuleux sorts qui pourraient vous être très utiles en combat, comme vous téléporter derrière l’adversaire et traverser le champ de bataille sans même poser un pied, la tempête embrasée qui décimera vos ennemis dans un fracas enflammé, et bien plus encore ! La journée sera décomposée en plusieurs parties : le petit-déjeuner, ensuite vous apprendrez avec moi, puis le déjeuner, ensuite vous irez avec Hox, vous aurez ensuite un léger temps libre avant le dîner et le coucher. Oh, j’oublais, les séances de cours alternent entre deux groupes qui divisera votre formation actuelle en deux, pour des raisons pratiques. Les deux premiers rangs et les cinq premiers du troisième rang seront dans le premier. C’est tout ! »
Elle sourit telle une fillette excitée et reprit sa place auprès de Hox. Jak réfléchit, il lui semblait qu’il serait dans le premier groupe. Il suivit les autres membres de son groupe vers des plaines verdoyantes où étaient entreposées des armures en cuivre et des épées d’entrainement. Hox en saisit une et fit quelques moulinets avec.
« Aujourd’hui, et pendant quelques semaines, le cours s’intitulera « épées et estramaçons ». Vous apprendrez à manier les deux, puis vous choisirez quelle maîtrise vous voudrez conserver. Sachez aussi qu’au cours de l’année, vous apprendrez à manier plusieurs sortes d’armes et vous devrez en conserver trois tout au long de votre apprentissage. Pour votre information, c’est cinq ans de galère avant d’être admis au bataillon. Alors faites en sorte de devenir les meilleurs si vous ne voulez pas clamser au premier ennemi venu. Car oui, l’armée en face sera composée de vrais soldats surentrainés. Trêve de bavardage, prenez une épée. »
Les élèves s’exécutèrent.
« Laissez-moi vous expliquer comment ça se passe sur le front. Vous devez vous imaginer des guerriers comme cela. »
Hox prit une pose de combattant, le manche de son épée dans sa main solidement crispée.
« Eh bien oubliez cela ! Vous vous épuiserez au bout de dix minutes et l’épuisement est synonyme de mort. Vous devez faire preuve de souplesse avec une arme comme celle-ci. »
Il se mit à faire tournoyer l’épée autour de sa main, pendant une trentaine de secondes.
« Allez-y. Nous ne quitterons cet endroit que si vous y arriverez. »
C’est dans une multitude de chutes d’épées et de petites blessures que les élèves s’entrainèrent. Jak, qui n’était aucunement handicapé par le poids et habitué aux mouvements circulaires avec sa canne à pêche, qu’il y parvint pendant quelques secondes après une dizaine d’essais. Hox afficha un sourire de fierté et ne se priva pas de le lui faire remarquer. Au bout d’une heure et demie, les élèves y arrivaient approximativement.
« Comme la bande de bras-cassé que vous êtes n’arriverait même pas à toucher quelqu’un avec un morceau de bois, je vais vous laisser plusieurs jours et vos temps libres pour vous entraîner. On va passer à la partie combat. C’est à peu près le même principe. Vous serez amenés à asséner des multitudes de coups. A pleine puissance, vous allez être facilement épuisé. Eh bien, quitte à frapper vite, autant laisser l’efficacité du tranchant faire les dégâts à notre place. Vous tapez en tournoyant et tout ira bien pendant la bataille. »
Hox montra un exemple, que les élèves imitèrent. Jak eut plus de mal, cette fois-ci. La cloche sonna. Chacun retourna dans son dortoir, excepté Jak, retenu par Hox.
« -Tenez, voici l’uniforme. Ah, à propos des autres avortons, n’hésitez pas à leur en faire baver sur les exercices. Je n’ai pas menti sur leur devenir à la fin de l’année. Je veux qu’ils soient comme vous !
-C’est à dire que… ce sera un peu compliqué. Il m’a fallu toute une vie pour devenir comme je suis là.
-Du moment qu’ils progressent, cela me changera de ces maigrichons qui s’obstinent à vouloir être soldats. Allez-y. »
Jak retourna dans le dortoir. Et il vit les élèves en train d’examiner sa canne à pêche. Ni une, ni deux, il en attrapa deux et écrasa leurs visages l’un contre l’autre. Il en prit un troisième et l’envoya à l’autre bout de la pièce. Il reprit sa canne à pêche, en une fraction de seconde, détacha le fil, et l’envoya tourner autour du cou du plus grand. Il tira.
« Alors… on s’amuse avec mes affaires ? TU T’AMUSES BIEN AVEC MES AFFAIRES ?! »
Il relâcha. Sa victime reprit son souffle pendant de longues minutes.
« Vous voulez la jouer comme ça ? D’accord. Au sol. Cent pompes et autant d’abdos chacun. Allez, plus vite que ça ! »
Certains arrivaient à quatre-vingt avant de tomber au sol, d’autre même dix, personne n’atteint la centaine.
« Allez, allez, et ceux qui ne l’auront pas fait n’aurons pas de dîner. »
Finalement, chacun s’exécuta sous peine d’être frappé lors d’un échec. Au bout de deux heures, chacun pu aller manger, dans le silence le plus total, non sans quelques gémissements de douleur. Hox afficha une mine comblée devant les élèves maîtrisés et sourit à Jak.

V- Au bout du tunnel
Et cela dura pendant cinq ans. Cinq longues années que Jak passa à être formé. Ce fut long, mais il apprit à manier diverses armes, comme l’estramaçon, l’arbalète, la masse, la hallebarde et les armes de pugilat. Il se spécialisa dans l’épée, la masse et les armes à deux mains, sa corpulence le lui permettant davantage. Parallèlement, il apprit la téléportation et l’art de manier des arcanes, mais il ne brillait pas particulièrement. Sa spécialité était sans équivoque le corps à corps. Ses camarades, eux, avaient pris énormément de muscle avec ses méthodes, si bien que le jour de la sélection, ils furent les plus robustes. Les regards des trois cent autres prétendants au poste de soldat étaient braqués sur eux, ainsi que ceux du jury, où ne se trouvait pas Hox. Les géants étaient emplis d’une fierté et d’un orgueil incommensurable. Le cor sonna. Tous les élèves se rassemblèrent en file indienne devant un espace délimité par des cordes au sol. Un homme du jury hurla un nom. Une personne d’une carrure moyenne s’avança. On lui demanda ses qualités. Il répondit sur un ton puissant et sans animosité.
« Arbalète. Pugilat. Epée. »
On lui amena lesdites armes. Il saisit l’épée et s’avança vers le mannequin. Le même homme lui cria :
« Première étape : joute terrestre sur cible statique. Déstabilisation frontale avec parade de retour, puis feinte arcanique. »
Le prétendant, nous les appellerons comme cela, se mit en garde, faisant tournoyer son épée, puis frappa le bouclier de la cible, qui, de part sa formation, décocha un coup d’épée aussi puissant que celui de son utilisateur. Ce dernier se baissa, entailla le bras de la cible, puis, à une vitesse affolante, se téléporta derrière la cible et lui planta l’épée dans le bois, qui symbolisait le dos. On vit le jury écrire sur un petit carnet.
« Attaque frontale dextre à neuf coups, lui hurla-t-on. »
Il garda sa garde habituelle, puis sauta sur l’ennemi et l’entailla près de neuf fois en faisant tournoyer son épée agilement. En vérité, il n’asséna que huit coups. Le jury le nota.
« Deuxième étape : tir rapide sur cible mouvante. L’unique exercice : atteinte de trois zones. »
Le prétendant jura, il semblait énervé. C’était l’exercice le plus difficile pour ceux qui souhaitaient passer leur examen avec des armes à distance, et un mauvais présage en général. La cible se mit à bouger de droite à gauche, émettant un bruit mécanique affreux. Le prétendant s’éloigna de près d’une quinzaine de mètres. Il devait atteindre trois zones sur la cible. Il attrapa l’arbalète, l’arma et visa. Après cinq secondes, il tira. La flèche passa à côté. Il réarma. Rebelote. Cette fois, la flèche toucha, mais hélas trop haut. La troisième fois, il mit une vingtaine de secondes à viser avant d’être interrompu par le jury. Le temps imparti était écoulé.
« Troisième et dernière étape : pancrace contre un adversaire ayant l’avantage de la force. »
Derrière le jury, un tauren se leva. Il entra dans la zone d’examens.
« Engagement ! »
Le tauren fonça sur le prétendant et lui asséna deux coups de poings dans le visage, puis le plaqua à terre. Sans même que son adversaire ait eu le temps de comprendre, il le couvrit de coups de poings. Après quelques dizaines de secondes, il fut assommé et conduit hors zone.
Ceci dura près de deux jours. Deux jours d’examens. Certains réussissaient brillamment, d’autres se plantaient lamentablement. Il était sans dire la panique intense de Jak devant la difficulté des épreuves auxquelles il allait, inévitablement, être confronté. Il arriva l’instant où on prononça son nom. Il s’avança.
« Epée. Massue. Estramaçon. Hallebarde. »
On lui tendit une hallebarde, qui devait bien faire sa taille. Elle était cependant peu tranchante. La première épreuve fut intensément physique, mais dans son esprit, il l’avait réussi brillamment. La force, ça le réussissait. On lui tendit ensuite une massue et une épée.
« -Eh ! Il y a une…
-Deuxième étape : Combat ambidextre. »
Il n’avait pas, ou que peu, appris l’ambidextrie. Un orc s’avança. Il saisit deux haches et se mit en garde.
« Engagement ! »
L’orc chargea soudainement et, les haches tournoyantes, feint de le frapper du pied avant de violemment l’atteindre au torse avec le manche de son arme. Jak ne s’attendait pas à une telle puissance de frappe, mais cependant répliqua et envoya sa massue vers le visage de l’orc, qui la para sans problème. Ce fut un échange de coup long et épuisant, où l’orc était le meneur. Finalement, au bout de dix minutes, Jak se téléporta derrière l’orc et lui asséna un violent coup de massue en plein crâne. Ce dernier s’étala de tout son long. Des spectateurs s’échappèrent un flot d’applaudissements. En effet, il était rare de voir un soldat gagner à un duel d’examen. Il n’y eut pas de troisième étape. Jak revint à sa place.
Le cor sonna.
Chaque groupe retourna à ses quartiers.

VI- En marche vers le bain de sang
Avant d’aller plus loin dans le récit, il faudrait vous replacer dans le contexte de l’époque actuelle. Près d’un siècle et demi après la lutte face au Maléfice, une guerre éclate entre le roi suprême et grand stratège, Nocelo Loreing, et la nation récente des « Oreilles Albâtres », dirigé par l’autoproclamé maitre des elfes Beressi Valendar. Les Oreilles Albâtres sont les elfes, aussi bien les Kal’dorei, Sin’Dorei que les Quel’dorei. Que vous soyez l’un des trois, vous êtes considéré par Beressi comme membre de cette faction et de ce fait, subissez son joug et ses lois. Malgré cela, bon nombre d’elfes acceptèrent cette appartenance et font maintenant partie de la guerre. Mais, pour d’autres, c’est une tyrannie absurde, ce que l’Alliance décide de contrer. Hélas, il aurait été facile de les exterminer si à cela, ne s’était pas joint les derniers adorateurs de Zul, bon nombre de nécromanciens et de liches, et finalement des dragons. Beressi était un être puissant, très puissant. Il avait un pouvoir psychique incommensurable et sa maitrise de la magie était souvent qualifiée comme « parfaite ». Cette guerre était loin d’être gagnée, quel que soit le camp.
Quelques jours après les examens, les résultats arrivèrent. Un crieur se plaça sur un escabeau, devant tous les prétendants, de la paperasse à la main.
« Voici les détenteurs du titre de soldat : Arni Goldoff. Caynnor Horoé… »
Il cita une centaine de noms. Tout le monde transpirait. Chacun s’apprêtait à entendre son nom. Au bout d’une longue, très longue attente.
« … Gordon Leonard. C’est tout. »
Seul quelques uns des camarades de Jak avaient été cités. Mais pas lui, pas les autres. Il sentit la déception, mêlé à une grande colère… jusqu’à ce que le crieur reprenne la parole.
« Mention spéciale à : Jak Connor. Elwann Balnar… »
Et ils furent cités.
« … tous ceux-là, vous prendrez le char que Dame Lanna vous indiquera. Je souhaite aux autres cinq bonnes années ! »
Ils suivirent Lanna. Ils arrivèrent au char, le même que celui qu’avait pris Jak pour venir. Ils montèrent, et lorsque le char s’arrêta, le soleil était déjà couché. Un grand bâtiment prenait place autour d’une verdure qui s’étendait à perte de vue, vers de hautes falaises. Un garde se trouvait devant l’entrée, une épée au fourreau et des poings gros et durs comme la pierre. Lanna s’inclina et il ouvrit la porte. Lorsqu’ils entrèrent, Lanna les conduisit dans une pièce, tandis qu’un garde vint chercher Jak.
« Nocelo vous attend. »
Le garde le fit entrer dans un vaste bureau. Un fauteuil était tourné vers une cheminée flambante. Un homme fort bien habillé se leva. On pouvait distinguer un nez camard, de longs favoris partant de sa chevelure sombre et des yeux verts observateurs, ainsi qu’une moustache précédant de fines lèvres, et un monocle.
« Oh, Jak, je vous attendais. Asseyez-vous. »
Jak s’exécuta.
« -Mais euh… vous êtes… Nocelo ?
-Nocelo Loreing, en effet.
-Vous ne devriez pas être à Hurl… je veux dire, Loreing ? »
Nocelo rit.
« -Ne vous préoccupez pas de cela. Vous savez pourquoi je vous ai amené ici ?
-Pas vraiment…
-Pour ça. »
Il leva un objet qui était à ses pieds. C’était la canne à pêche de Jak.
« -Bon sang… je la cherchais partout… vous allez me renvoyer, c’est ça ?
-Pas du tout. Vous savez, je suis fasciné de l’époque de Zul. J’ai étudié cette histoire dans les moindres détails. Vous ressemblez énormément à quelqu’un… »
Jak avala sa salive, inquiet.
« Oui… musculature de l’époque… le heaume des gravures… la canne à pêche… »
Sur ces mots, il posa le heaume de Jak sur la table, qu’il venait d’attraper près de la cheminée.
« -Oui… vous devez être… ce Jak-là…
-Mais c… enfin, c’est impossible…
-Vous savez au moins sur quoi se portent les recherches de tous mes larbins qui se font nommer « scientifiques » ? Non, vous ne savez pas. J’étudie sur le voyage dans le temps et entre les dimensions.
-Et qu… enfin, qu’est ce qu’il s’est passé pendant la guerre face à Zul ?
-Vous êtes hélas mort, vous et bon nombre de résistants, dans la bataille finale qui a tué Zul. Finalement, la paix a régné, et Wyrm est mort sans héritier. Mon ancêtre, Dimitri Loreing, a pris sa place.
-Wyrm… ah, le roi Varian… Dites, maintenant que vous savez tout, vous avez un moyen de me ramener chez moi ?
-Il y en a bien un, mais j’ai hélas peur qu’il me soit très coûteux et je dois sacrifier des choses dont je ne peux pas me permettre étant donné la situation politique actuelle.
-Oh… je suis donc coincé ici ?
-Eh bien… nous pouvons trouver un compromis. Voyez-vous, vous et vos coéquipiers, nous vous avons nommé « Troupe élite ». Vous serez chargé de missions très particulières et passerez au premier rang des lignes pendant les batailles. Faites-moi gagner cette guerre, défaites le camp adverse en menant la chute de son centre, Valendar, et je vous ramènerai à votre époque. »
Le garde emporta Jak par le bras. Il le conduisit près de ses coéquipiers, qui étaient déjà en armure lourde et munis d’armes. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas vu une vraie épée, une vraie massue, des vrais tranchants. Il saisit une massue. De l’autre main, il avait emporté sa canne à pêche. Pendant la semaine de répit qu’ils eurent avant de partir au combat, il s’attela à une amélioration de son arme fétiche. Il remplaça la corde par des barbelés rudimentaires et aussi solides que possible ; l’hameçon par une lame ; il renforça le pommeau et ajouta une pointe à l’autre bout.
Puis on vint les chercher. Ils montèrent dans le même char. Et ils arrivèrent sur place : l’armée était déjà là. On pouvait apercevoir en face la figure inquiétante des troupes elfes. La troupe élite se plaça en devant de l’armée humaine. Et de là où ils étaient, ils pouvaient apercevoir le haut trône pyramidé où était perché en son sommet la silhouette imposante d’un elfe vêtu d’une longue robe ornée. De ses mains émanaient une aura si puissante qu’on la ressentait probablement à des kilomètres. Le soldat qui avoisinait Jak murmura :
« Valendar… »

VII- « Coupez ses oreilles ! »
Et l’armée chargea. Dès que Jak fut au contact des belligérants ennemis, sa cuirasse fut frappée par une dizaine de sorts. Il se téléporta deux mètres devant lui et frappa de toutes ses forces un elfe au hasard, le tuant sur le coup, faisant tournoyer sa canne à pêche de l’autre main, qui blessait les ennemis qui l’entouraient. La première ligne était une impasse pour les elfes. Les soldats qui la composaient étaient de redoutables combattants, des murailles humaines, qui tuaient tout ce qui leur tombait sous la main. Les coups volaient de toutes parts, les sorts aussi. Les arbalétriers furent presque tous tués, les archers un peu moins. Mais toujours persistait la troupe d’élite au travers des ennemis, si bien que ces derniers finirent, la nuit tombée, par battre en retraite. Et lorsque cette décision fut aperçue, un flot de flèches se déversa en direction de Valendar. Il leva les mains. Toutes les flèches tombèrent, blessant les elfes qui se trouvaient en bas. Jak comprit enfin pourquoi on l’appelait « l’impénétrable ».
Ils installèrent un campement. Hox était là et avait le rôle de meneur. Jak fut conduit à sa tente.
« Jak. Je viens d’être nommé chef de la troupe d’élite. Désormais, c’est moi qui mène les stratégies, et je serai avec vous au combat. Tatata ! Ne prenons pas le risque de détourner la conversation. Voici la prochaine stratégie : notre éclaireur nous a rapporté que l’offensive serait menée dans une semaine. Les gnomes ont trois jours pour préparer le terrain. Ils vont poser des mines, des bombes… et avec leurs foreuses, creuser un tunnel dans les montagnes. Un tunnel que nous allons utiliser pour prendre les ennemis à revers. Je t’explique :
Nous contournons les montagnes. Dès que nous entendons des détonations, nous nous précipitons dans la bataille avec Borg… »
Un imposant orc entra dans la tente en se courbant. Il était si costaud que le sol tremblait à chacun de ses pas. Il était en plaques et son visage découvert était parsemé de cicatrices.
« … puis nous prendrons les ennemis à revers. Ensuite, là sera le moment le plus compliqué. Les archers tireront une nuée de flèche sur Valendar, qui lancera sa protection. A ce moment, Borg te lancera dans les airs, puis tu devras le tuer, avec ta canne à pêche, par exemple, et enfin te téléporter au sol près de nous. Nous nous échapperons ensuite par la même entrée. »
Jak montra son accord d’un signe de la tête, et retourna à sa tente, où il expliqua la stratégie à ses confrères. Et il s’entraîna pendant trois jours, il opta même pour emporter avec lui deux revolvers chargés de poudre. Et finalement, la semaine s’écoula. Le soir même, ils étaient au milieu des montagnes. Ils virent une petite lueur précédant un gnome, le signe qu’ils étaient enfin arrivés au tunnel. Ils étaient dans l’obscurité la plus totale, assoupis, attendant l’arrivée des troupes. Finalement, ils furent réveillés par une détonation. Le soleil était déjà haut dans le ciel. Ils jetèrent un œil au champ de bataille. Seul un cadavre calciné par l’explosion se trouvait dans les plaines.
« Bon sang… ils sont passés par un autre chemin… les mines sont intactes… vite, retournons au camp ! »
Et ils firent le chemin inverse. En route, ils rencontrèrent une patrouille ennemie, qu’ils tuèrent sans problème. Et quand ils arrivèrent sur place, c’était le bain de sang le plus total. Les elfes avaient pris les ennemis par surprise, dépourvus de leurs meilleurs combattants. La plupart des humains furent décimés, tandis que d’autres fuyaient. Ils les prirent, comme prévu, à revers. Ceux qui déchiraient les tentes furent égorgés. Ceux qui torturaient les soldats furent éventrés. Ceux qui pillaient furent décapités. Mais, devant le nombre, ils durent fuir, par le chemin qui menait au tunnel. Les gnomes avaient creusé une échappatoire. Le reste de l’armée elfique, ainsi que Valendar, qui était à pied et entouré d’un bouclier permanent, les poursuivirent. Malheureusement, ils ne purent atteindre le tunnel. Un éboulement récent les bloquait. Finalement, l’armée ennemie arriva. Valendar leur fit signe de s’arrêter. Il se mit à flotter dans les airs, légèrement au dessus de ses soldats, et les mots qu’il prononçait résonnaient autour de lui.
« Vous vous êtes bien battu. Malheureusement, c’est ici que tout se termine. »
Et au moment où il leva les bras, ce ne fut pas pour les tuer. Le danger avait pris la forme d’un tintamarre infernal venant du ciel. Et ils levèrent la tête pour voir chuter deux globes métalliques émanant une inquiétante fumée. Et elle s’abattit sur l’armée elfe. Valendar était déjà loin, de par son pouvoir de téléportation. Dans un fracas infernal, l’armée laissa place à un cratère fumant rempli de lambeaux de chairs et de membres carbonisés.
Ils retournèrent au camp, où ils rassemblaient le restant des troupes.
Ils attendirent ensuite les renforts pour installer les fortifications. Et à peine les nouvelles troupes arrivées qu’un nouvel assaut fut lancé avec impatience. Les elfes, peu nombreux, furent aisément écrasés. Mais une aide inattendue arriva de là où on ne la suspectait pas ; à peine la bataille gagnée qu’un souffle ardent vint balayer l’armée humaine. Et ils levèrent les yeux au ciel : un dragon. Un dragon survolait le champ de bataille. Il vint s’installer au sommet du trône niché sur la pyramide dorée où siégeait désormais Valendar. Un hurlement terrible se fit entendre dans tout le royaume. L’état d’urgence fut décrété. Un rassemblement fut organisé le soir-même.
« Soldats, la présence d’un dragon compromet notre sécurité et notre victoire. Alors, sans plus attendre, je vous dévoile le plan. L’armée naine et gnome viendra nous aider. Les troupes iront se poster sous le trône au moment où une attaque aérienne visant à affaiblir Valendar, qui n’aura de choix que de se faire assaillir par l’armée et mourir. Nous commenceront l’assaut dans une semaine, après l’arrivée des troupes alliées. Vous pouvez disposer. »
Mais la semaine qui vint, ils n’arrivèrent pas. Ni la semaine d’après. Ils furent présents près de deux mois, après trois batailles. Les pertes furent quasi-égales pour les deux camps. Et c’est lors d’un assaut qu’ils firent leur apparition. Des nains chevauchant des béliers apparurent au sommet des collines qui parsemaient les alentours du champ de bataille dévalèrent les pentes à grandes poussées de sabot, mais ils étaient insignifiant face à ce qui se trouvait plus haut dans les airs. L’œil le plus agile et le plus fin aurait pu dénombrer une centaine d’objets volants. Les plus simples les auraient qualifiés de milliers. Et tout en tournoyant dans les airs, une nuée de bombe s’abattit sur Valendar. Aucunes ne l’attinrent. Cependant, on pouvait remarquer que le dragon portait moins d’attaques, semblant s’affaiblir. Une seconde nuée de bombe s’abattit. Cette fois, le dragon en reçut une au centre du visage. Il s’écroula de tout son long au sol, au détriment de l’armée elfe écrasée.
La bataille s’éternisa.
Une victoire ? Jak n’y croyait plus. Jusqu’à l’instant où il vit la nuée de flèche dans les airs. Où il vit Borg accourir, mourant mais vigoureux, blessé de toutes parts, le saisir par la jambe, puis l’envoyer en l’air, avec une force mystérieusement prodigieuse. Et c’est dans les airs, quand il vit les flèches tomber, la coiffe blonde de Valendia, le soleil, les collines, les soldats agonisants, qu’il comprit. Il lâcha l’hameçon. Mais il était trop tard. C’aurait été un échec si la chance n’était pas venue s’y mêler. Il avait malencontreusement lâché sa masse plus haut, qui vint atterrir sur le crâne de Valendia. Il se téléporta, malheureusement au mauvais emplacement. Il se retrouva au sommet du trône, Valendia gisant à ses côtés. Il attrapa le corps le souleva et hurla de toutes ses forces. Tous les regards se posèrent sur lui. Et Jak sentit la fierté atteindre son summum.

VIII- Chants et louanges
Le restant de l’armée défila dans le royaume tout entier. Jak ressenti la gloire auquelle il ne croyait plus. Pourtant, déjà, sous les acclamations et les applaudissements des frêles habitants, il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il fallait que désormais, il rentre chez lui. Il avait encore une tâche à accomplir, des compagnons à aider, des vengeances à assouvir.
Il se remémora son arrivée en ce monde. C’était il y avait près de six ans.
Il obtint auprès du roi une retraite bien méritée, avec sa garantie de retrouver son époque. C’est donc dans une petite maison éloigné du reste qu’il s’installa, avec ses récoltes. Il avait souvent la visite de précepteur pour conserver sa vigueur au combat et sa maîtrise de la magie. Cela dura près d’un an. Jusqu’au jour où des gardes arrivèrent à sa demeure. Lorsqu’ils toquèrent à la porte, Jak savait déjà pourquoi. On le conduit au donjon de Loreing. Le roi était présent. Jak s’agenouilla
« -Relevez-vous, Jak. Je suis heureux de vous revoir. Vous rappelez-vous de la promesse que je vous avais faite ?
-Je m’en souviens, sire. »
Nocelo sourit.
« - Vous vêtirez votre armure, et attraperez le sac de provisions. Il contient des habits chauds, de la nourriture, de l’eau, et une bourse d’une pièce d’or et demie. On vous donnera les instructions.
-Je vous remercie, sire. »
Nocelo tendit la main. Jak la serra. Puis le roi se retira. Un homme en toge qui gardait une porte s’approcha avec un sac qu’il tendit à Jak. Jak le saisit.
« Bien. Vous allez entreprendre un voyage risqué. Votre transfert durera près de deux jours. Il est probable que vous n’atteigniez pas la bonne époque, c’est pourquoi nous avons placé dans votre sac deux runes de temps. Vous avez dix minutes pour vous assurer que c’est bien votre époque et si ce n’est pas le cas, vous devez les activer. Après cela, il vous faudra trouver un autre moyen. Vous êtes prêt ? »
Jak prit une bouffée d’air.
« Affirmatif. »
L’homme hocha la tête et conduit Jak dans une grande salle, qui avait tout l’air d’un sanctuaire. De grands cercles étaient accrochés aux murs, qui indiquaient, à l’aide d’aiguilles plus ou moins longues, des nombres et des traits placé tout autour. Probablement de la technologie gnome, pensa Jak. Au centre, déjà, se trouvait un portail luminescent qui semblait s’émaner d’une pierre posée au sol.
Il ferma les yeux.
Et entra dans le portail.


[HRP]
Bonjour/bonsoir à tous !
Donc oui je suis revenu, avec un nouveau bg. Malgré le fait que j'ai laissé l'écriture en friche, j'ai opté pour favoriser le dialogue et narrer les actions plutôt que de résumer. Je reconnais que je ne suis pas au mieux de ma souplesse grammaticale.

Donc, Jak aurait comme nouveaux avantages :
-Apprentissage militaire
-Connaissance de la maîtrise des armes
-Meilleure canne à pêche
-Meilleure armure
-Possibilité de lancer une boule d'arcanes mineure/moyenne ou de se téléporter une à deux fois tous les trois jours.
-Plus âgé

En espérant qu'il vous aura plu, merci de votre lecture !
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MessageSujet: Re: J'ai le temps   Dim 17 Juin - 14:21

WAW.

C'est la première chose qui me vient à l'esprit. C'est une histoire sur laquelle on pourrait écrire une trilogie de romans. Un monde du futur parallèle, régressant dans ses idée, dirigé vers le chaos par une guerre interminable et mortel entre deux force déchirant le monde... J’avoue... j'acclame l'imagination sur ce point.

Par contre... bien que je conçoit un univers parallèle appartenant au futur, il faudra me dire comment il arrive là-bas et surtout pourquoi il n'y à pas intervention des gardiens du temps.

Inventer un nouveau monde, c'est bien, mais il faut aussi savoir l'expliquer. J'aimerais donc comprendre comment un elfe à put asservir 3 nations ennemie, plus les dragons.

~Y a-t-il eu le cataclysme ?
~Une magie "parfaite", cela insinue que les dragon bleu ont été vaincu ?

Après concernant les humains, une armée de mage de guerre, mais c'est fantastique... si on oublie le fait que tous n'ont pas la capacité d'avoir un lien avec la magie et que pour un tel apprentissage, il faudrait qu'il soit unique, apprendre deux chose en même temps, en alternance si proche est dans l'ordre de l'extrême, au bord de l'impossible.

Ceci sont les points principaux, si tu y répond, il y en aura surement d'autres.
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MessageSujet: Re: J'ai le temps   Dim 17 Juin - 15:07

Tout d'abord, merci pour le "WAW" (au départ, j'avais lu "NON", fatigue quand tu nous tiens Mad ) et tout ce que ça représente.

Pendant mon absence, il est vrai que j'ai rp, mais hors du lore de wow. Il me manque de ce fait pas mal de notions et c'est pourquoi je m'attendais d'avance à des incohérences.

-Pour le voyage, j'en avais discuté avec Prodro. Il m'a expliqué qu'Aron était assez malicieux pour me transporter sans raisons apparente. C'est pourquoi j'ai mentionné la présence d'un elfe.

-Alors en fait, j'avais supprimé ce passage car il ne me plaisait pas et j'ai omis de replacer les informations qui y étaient contenues.
Premièrement : l'alliance est maintenant gouvernée uniquement par la lignée des Loreing, qui règne en dictateur. Nocelo a hérité du fardeau de l'alliance mal gérée par son prédécesseur et qui avait ruiné l'économie. L'information était faussée pour empêcher toute insurrection.
Deuxièmement : un groupe agissant en secret et qui possède de nombreux membres puissants. Il est composé d'un chef d'un grand groupe de nécromanciens relativement récent, d'un ancien haut-placé de Zul ayant survécu, d'un puissant hypnotiseur et de Valendar. Les dragons qui les ont rejoint ont été vaincus et capturés, puis asservis.

-Il n'y a pas eu le cataclysme. Juste des assauts dévastateurs.

-La maîtrise de Valendar était loin d'être parfaite et c'est pourquoi il a été vaincu, mais il n'y a pas de rapport avec les dragons bleus...

-Le monde où se retrouve Jak subit non pas seulement un futur alternatif, mais également un passé. Il reste à peu près le même, mais a subit quelques modulations. Par exemple, Jak n'a jamais été mercenaire. Et c'est ce qui justifie un pouvoir accru du puits de soleil, permettant une maîtrise plus simple de la magie. En revenant dans le passé, il sera bien plus difficile pour Jak de l'utiliser correctement.

Les incohérences peuvent être justifiables du fait que, comme dit plus haut, il y a un passé alternatif et tout n'a pas été comme le lore actuel.

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MessageSujet: Re: J'ai le temps   Dim 17 Juin - 20:58

D'accord, d'accord, avant de le valider, ou de le barrer en criant "HÉRÉTIQUE", je vais en parler avec le conseil des mj, vu la teneur de la demande, je re-posterais sous peu.
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MessageSujet: Re: J'ai le temps   Dim 24 Juin - 23:16

Suite à l'accord de Pro, et sous la condition que tout aille bien, cette candidature est validée.
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