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 Du houblon aux chaudrons.

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MessageSujet: Du houblon aux chaudrons.   Mar 5 Juil - 2:44

[HRP] Ce BG, bien qu'il ne soit pas celui de mon personnage principal, je l'ai rédigé quand j'étais et j'y suis encore, sur l'officiel, bien qu'il soit long, il est captivant, je vous l'assure. Alors bonne lecture. [HRP]

Le ciel était pourpre. Une pluie fine s'abattait sur le visage usé de Yori. « Yori »... Il lui semblait que ce nom lui venait d'une autre époque. Par reflexe, elle respirait et clignait des yeux, bien que désormais, ceci lui soit totalement inutile. Pour la première fois, elle reprenait conscience de ce qu'elle était, d'où elle venait et surtout de ce qu'elle faisait là, à des centaines de kilomètres de son foyer.

Yori était originaire de la Marche de l'Ouest, mais sa vie avait pris un tournant particulier alors qu'elle s'était réfugiée dans la Forêt d'Elwynn. Elle y logeait et travaillait dans la ferme des Saumepuit où elle avait trouvé refuge. En effet, elle vivait naguère dans cette région plus méridionale de la Marche de l'Ouest et qui, quand elle l'avait quittée, était resplendissante. Elle vivait uniquement avec son père, Johan Glenn, dans une minuscule propriété où ils cultivaient quelques légumes. C'était une modeste exploitation, mais ils étaient relativement heureux car cette dernière leur permettait de subvenir à leur besoin, et parce que les habitants de cette région étaient solidaires. Ils se connaissaient tous, et la jeune fille, de nature dynamique et vaillante, jouait souvent avec les enfants des exploitations proches. Yori n'avait jamais connu sa mère puisque celle-ci avait perdu la vie en lui donnant la sienne. En lui « donnant » la sienne. Yori pesait vraiment ses mots quand elle utilisait cette expression. Toutefois, elle avait un père aimant et attentionné qui rendait cette absence supportable bien qu’elle n'avait ni frère, ni sœur...

Ceci était malgré tout une période assez prospère, mais qui ne dura que peu de temps : après la dernière guerre, les rixes et embuscades se multipliaient dans la région. La violence au quotidien était de plus en plus présente et on parlait d'un gang dont la puissance allait croissant : les Défias. En quelques mois, la région fut à feu et à sang, et la plus sage décision semblait de mettre les voiles avant que tout ne dégénère pour eux : ils avaient décidé d'aller chez les Saumepuit, des cousins éloignés qui vivaient dans la forêt d'Elwynn étant aussi sujette à des attaques, mais qui était beaucoup plus calme du fait de sa proximité avec Hurlevent. Cependant, lors de leur escapade, Yori et son père furent séparés par des Défias qui erraient dans le coin alors qu'ils étaient à moins d'une heure de marche du guet permettant d'entrer dans la Forêt d'Elwynn. Leurs assaillants étaient armés et en surnombre, une jeune Défias qui était visiblement inexpérimentée vu ses gestes amples et peu efficaces et deux hommes plus âgés et sûrs d'eux semblaient décidés à leur prendre la vie ! Très vivement, Johan qui n'était pas décidé à laisser ces brigands toucher à un cheveu de son bébé repoussa la fille d'un coup de pied dans le ventre, leur permettant de détaler. Dans un premier temps, père et fille réussirent à distancer les Défias qui s'étaient fait surprendre. Cependant, si la fille était nouvelle dans la confrérie, elle était très vigoureuse et prit en chasse les deux proies avec une fureur effrayante, laissant loin derrière ses deux collègues et saisit le gourdin de mauvaise facture qui lui servait d'arme. Alors qu'il était clair que Yori, qui commençait à sérieusement s'essouffler risquait une violente attaque à chaque seconde, son père fit volte-face pour se jeter en hurlant sur la poursuivante ! Tout en frappant violemment le visage de la jeune voleuse avec la première pierre qu'il avait pu attraper, il ordonna, d'un air très déterminé, à Yori de s'enfuir. Aussi choquée de voir son père se jeter dans la gueule du loup, que de le voir tuer à main nue une fille aussi âgée qu'elle, elle prit ses jambes à son cou et s'enfuit aussitôt, obéissant à son père. La dernière chose qu'elle vit en se retournant, le regard brouillé par les larmes, c'était son père se dressant en attrapant le gourdin de la fille qui agonisait, le visage complètement écrasé et ensanglanté, la mâchoire saillante alors que le reste du crâne semblait complètement aplati et fracassé, afin de faire face aux deux Défias qui dégainaient déjà leurs lames.
Désemparée, elle n'imaginait pas qu'il en fût sorti vivant, tant il avait fait en sorte que les assaillants concentrent leur attention sur lui afin qu'elle puisse s'enfuir en toute sécurité. A son arrivée dans le premier camp de gardes de la forêt d'Elwynn, elle se jeta sur l'un d'entre eux l'implorant de venir avec elle pour prêter main fort à son père. Ce dernier, aidé par d'autres gardes, maîtrisa Yori le temps qu'elle se calme... Qu'elle perde tout espoir en réalité. A cette période, les Gardes de Hurlevent avaient ordre de ne pas se mêler de ce qui se passait dans cette région, les Défias étant déjà en trop grand nombre. Elle n'était pas idiote, son père tout aussi vaillant qu'il soit n'aurait pas pu tenir face à deux brigands dans la fleur de l'âge. Une fois qu'ils pensaient l'avoir apaisée, les gardes la conduisirent à la ferme des Saumepuit, car elle avait mentionné celle-ci quand elle tentait d'expliquer les raisons de son voyage. Dès lors, elle passa des semaines cloîtrée dans la chambre de ses hôtes, endeuillée et refusant de voir qui que ce soit exceptée Eléanore Saumepuit, sa cousine éloignée dont elle était assez proche. Elle ne se pardonnait pas ce qui était arrivé à son père et ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle était la principale responsable de la mort de ses parents. Elle était orpheline, mais ceci lui paraissait n'être qu'un fardeau négligeable comparé à la responsabilité qu'elle s'attribuait quant à cette situation. Le deuil l'accablait de douleur, mais la culpabilité lui ôtait tout repos...

Des semaines passèrent... Peut-être un mois ou deux. Or si ses hôtes, notamment sous l'influence d'Eléanore, se montraient compréhensifs, elle ne pourrait pas loger et manger -même peu- sans participer, de façon permanente. En outre, Eléanore l'avait convaincue que de se laisser dépérir était le pire affront qu'elle aurait pu faire à son père : si lui s'était volontairement sacrifié pour la sauver, elle n'avait pas le droit de gâcher sa vie et de se laisser mourir à petit feu ! Ce raisonnement avait fait mouche, et si Yori ne s'était pas remise immédiatement, cela l'avait beaucoup aidé à tourner la page et aller de l'avant, afin de faire honneur à la mémoire de son papa.

Doucement, Yori reprenait vie via le travail quotidien. L'élevage de porc et la culture des citrouilles étaient la principale activité de la ferme, or Yori ayant 16 ans, elle rechignait encore à s'occuper de ces repoussants animaux. Elle passait donc le plus clair de son temps dans le champ, développant une certaine force physique et une bonne endurance ! Au cours de la première année, un événement fit que ce choix était aussi dicté par une autre motivation : celle de s'entraîner dur afin de rejoindre la Milice du Peuple. En effet, elle avait eu des nouvelles de deux de ses amis d'enfance, Heather et Riell avec qui elle jouait quand elle était petite. Elle se souvenait toujours avec émotion comment les deux petites filles se liguaient afin de rendre Riell chèvre, en le tournant en bourrique régulièrement ! Mais si Heather avait commencé à écrire à Yori, c'était car un voyageur qui s'était arrêté dans leur ferme avait parlé d'elle à Heather, lui apprenant qu'elle vivait désormais à Elwynn. Heather avait donc donné des nouvelles du front à son amie de toujours : elle l'informa que si Hurlevent désertait la région, les habitants s'étaient levés et avaient formé cette fameuse Milice du Peuple qui luttait sans relâche contre les Défias et tout danger dans la Marche de l'Ouest, avec l'aide des aventuriers et mercenaires de passage. Yori apprenait que si Header était simplement aubergiste, tout est relatif, puisque leur camp était sujet à des attaques régulières des Defias, Riell, lui, était assez actif dans la Milice. C'est ainsi que, petit à petit, l'idée naquit dans l'esprit de Yori de prendre les armes afin de sauver sa région et de venger son père. N'étant pas d'une famille noble ou fortunée, Yori n'avait jamais été initiée à la magie, elle n'espérait donc pas s'y mettre même s'il était connu que les paladins, les magiciens, les adeptes de la Lumière et même les utilisateurs de magies noires étaient des éléments très précieux dans une armée. Mais faute de capacités extraordinaires, elle avait toujours effectué des tâches physiques et les épreuves qu'elle avait subies la rendaient apte à devenir une guerrière émérite, pour peu qu'elle travaille un peu ses techniques de combat.
Ainsi, 8 mois d'entraînements commencèrent pour elle. Tout d'abord, cela se limitait aux tâches quotidiennes qui étaient très physiques, cependant Yori sentait bien que porter des citrouilles -aussi lourdes soient-elles- ne ferait pas d'elle une combattante d'élite. Dès lors elle entreprit de s'exercer au combat rapproché à l'aide d'un grand bâton contre un arbre ; elle essayait d’y développer ses techniques rudimentaires sur le tronc pendant deux ou trois heures chaque soir, malgré le lourd travail effectué en journée.

Eléanor était au courant de son projet et, même si elle ne l'approuvait pas, elle le comprenait... Or après 10 jours à voir sa cousine passer plusieurs heures par jour à faire des exercices, répéter les mêmes coups maladroits dans le vide ou le tronc, elle décida -à contrecœur- de lui donner un petit coup de pouce : elle savait qui pourrait correctement aider Yori. Ainsi, elle alla la présenter à Lyria Du Lac, une guerrière connue de la région et qui formait la bleusaille de passage à la Comté-de-l'Or. Après l'avoir toisée et affrontée succinctement -Yori sentait bien que Lyria n'utilisait pas un dixième de ses capacités et pourtant elle l'avait plaquée au sol, une lame contre sa gorge, en moins d'une minute- Lyria expliqua à Yori l'entraînement qu'elle allait subir. Si Lyria n'était pas méchante et semblait accorder de la considération à chacun de ses élèves, pour peu qu'il montre la motivation qui convient, elle était assez dure : durant quelques semaines, Yori devrait affronter des bêtes sauvages afin de mettre à l'épreuve sa capacité de survie ; elle devait donc ramener chaque soir une certaine quantité de viande, visiblement c'était la manière dont Lyria se faisait payer, lui permettant de dispenser son entraînement même aux moins fortunés. Si Yori savait que les sangliers et les loups d'Elwynn n'étaient pas extrêmement agressifs, elle se demandait comment elle pourrait toutefois les terrasser sans un outil adéquat... C'est pourquoi Lyria, amusée de voir le regard dubitatif de sa nouvelle élève offrit à celle-ci une vieille zweihander dont elle ne se servait jamais. Elle était un peu tordu et couverte de rouille, mais le tranchant était encore acceptable et Yori savait que des pierres à aiguiser trainaient dans l'endroit où les cochons de la ferme étaient égorgés. Très enthousiaste, malgré le côté peu glorifiant de la tâche, Yori repartit vers la ferme l'air assuré, et armée de sa « nouvelle » lame. Eleanor, qui l'accompagnait, se demandait vraiment si elle devait être contente ou peu fière d'elle...

Mais les jours qui suivaient auraient fait sourire n'importe qui tant Yori prenait plaisir à apprendre le maniement de sa lame ! Certes, face à son premier sanglier on avait entendu sa déglutition à cent mètres à la ronde, mais une fois les premières marques prises, elle était devenue une véritable machine à tuer, et les journées à porter des citrouilles lui avaient donnée une poigne particulière : à la première charge d'un sanglier, elle plantait profondément l'épée qui était pourtant de mauvaise fabrication, afin de tuer la bête.

C'est pourquoi après cinq jours, Lyria lui donna l'autorisation d'arrêter de jouer les bouchères. Cette petite avait un certain potentiel et il convenait de lui apprendre les bonnes postures et attaques afin qu'elle ne prenne pas de mauvaises habitudes. Par la suite, elle passa des semaines à apprendre comment asséner un coup violent avec une arme encombrante, garder sa cible au contact, l'achever, tenir un bouclier, des armes légères ou lourdes, prendre un ascendant psychologique sur ses ennemis et leur faire perdre confiance, etc.. Après deux mois, les combats au sabre de bois étaient très serrés, même si Lyria l'emportait sur Yori. Elle commença à lui confier des missions plus périlleuses pour le service de Hurlevent. Si servir la ville qui avait déserté sa région ne plaisait guère à Yori, elle était très enthousiasmée par l'idée d'affronter pour la première fois des ennemis suffisamment coriaces. C'est pourquoi les quatre mois qui suivirent, Yori fit -à l'aide de quelques autres aventuriers et soldats de Hurlevent- le ménage dans les mines envahies de Kobolds, débarrassa une tour abandonnée des Défias dont elle trancha les têtes et écrasa les thorax avec un divin plaisir et une fureur inextinguible, massacra assez de murlocs pour permettre aux soldats de finir le travail et protégea des villageois des assauts de bêtes sauvages. Un jour, alors que Yori arrivait avec un collier de têtes de murlocs dans la main, Lyria lui annonça qu'elle ne l'entraînerait plus. Yori interloquée pria son maître de lui expliquer la raison pour laquelle elle la repoussait ainsi... Sans s’en rendre compte, la jeune paysanne était devenue une vraie guerrière et Lyria estimait ne plus rien avoir à lui apprendre. Elle incita vivement son disciple à rentrer chez elle : la situation dans la Marche de l'Ouest empirait et Yori stagnerait à effectuer des missions désormais triviales. Il lui fallait du défi... Comme elle avait tenu au courant Heather de ses progrès au fur et à mesure, Riell avait déjà prévenu ses supérieurs et un petit régiment attendait leur nouvelle recrue de pied ferme.

Yori fit donc ses bagages et ses adieux à la famille qui l'avait si généreusement accueillie après son exode. Elle leur promettait de revenir les voir une fois la Marche de l'Ouest débarrassées de ses envahisseurs ! Une fois de retour dans sa région, ce fut un choc : tout était à l'abandon ! Les champs desséchés, quand ils n'étaient pas envahis par des drôles d'engins métalliques, des Défias partout, la côte infestée de murlocs. La région prospère qu'elle avait connue avait véritablement disparu.

Après des retrouvailles émouvantes avec ses deux amis, Yori fut vite affectée à son régiment ainsi composé de deux patrouilleurs de la Milice et un paladin de passage dans la région qui avait déjà bien aidé à chasser les gnolls pullulant aux alentours de la Colline aux Sentinelles. Ceux-ci avaient pour mission de débarrasser la ferme des Alexston des Défias. La mission était formulée en quelques mots, mais était plus complexe qu'il n'y paraissait puisqu'il était exclu d'attaquer frontalement la ferme et tuer tout ce qui venait, tant les envahisseurs de rouge vêtus étaient nombreux. Ils campèrent non loin de là et passèrent les premiers jours à rôder dans les environs afin de tuer les patrouilles de Défias isolés. C'est durant ces trois jours que Yori fit plus ample connaissance avec le paladin, qui se nommait Jester Vaillepoing. Si son nom indiquait bien de nobles origines, il suivait avec assiduité la formation des chevaliers porteurs de Lumière, ce qui expliquait sa présence ici : il avait été chargé de venir en aide à une fermière qui subissait les menaces de quelques bandits. Mais, une fois sa tâche achevée, touché par la détresse des habitants de la région, il avait décidé de mettre son marteau à leur service quelques temps. Il impressionnait beaucoup Yori par ses facultés de combat, maniant aussi bien le marteau, que le bouclier, et possédant cette impressionnante capacité à soigner les blessures en faisant appel à la Lumière mais aussi par sa grandeur d'âme et sa noblesse. Elle avait un peu plus foi en sa patrie d'origine -Hurlevent- alors qu'elle voyait un de ses représentants directs venir prêter main fortes aux habitants de cette zone désertée ! Le dernier jour, lors de l'attaque finale qui avait pour but d'éliminer les derniers intrus, qui avaient réalisé trop tard qu'ils étaient acculés, Jester et Yori avaient combattu côte à côte avec une efficacité particulièrement impressionnante : Jester s'occupait de provoquer les attaquants pendant que Yori plaçait des coups mortels sur ceux-ci. En outre, Jester démontrait une capacité étonnante de soigneur de bataille et atténuait les douleurs de Yori pendant le combat, permettant à celle ci de frapper avec bien plus de ferveur !.. Une fois le massacre fini, la patrouille fouillait leurs ennemis tombés et la ferme. C'est ainsi que les trois soldats et l'aventurier mirent la main sur des indices qui corroboraient les hypothèses étayées par Ryan Roidemantel : le chef des Défias était un certain Van Cleef et il se terrait dans les mines qui sillonnaient le sol de Ruisselune. Yori ignorait qui était ce Van Cleef mais une chose était sûre pour elle : elle ramènerait sa tête afin de venger la mort de son père. En quelques jours, une escouade fut formée pour cette mission dangereuse : les membres de la Milice du Peuple ne pouvaient pas en être car la sécurité de la colline des Sentinelles serait mise en péril. Si Yori était la seule à avoir été autorisée, c'était car elle avait fait une demande particulière auprès de Gryan, qui n'était pas mécontent d'avoir un de ses soldats parmi les mercenaires qui allaient effectuer la mission. La jeune et déterminée guerrière partait donc accompagnée de Jester, d'un gnome magicien un peu taré, Allumir, une gnomette très habile de ses dagues, Wreny, et un humain de Hurlevent qui avait suivi une partie de sa formation avec Jester, Roy. A eux cinq, ils firent un véritable massacre dans la base des Défias, ils résistèrent, salve après salve, en avançant avec fureur. Ils bénéficiaient de l'effet de surprise et il faut reconnaître que les forces combinée des 4 mercenaires et de Yori était particulièrement dévastatrices ! Les gnomes, tout petits qu'ils soient, savaient taper où ça faisait mal ! Dans un premier temps, ils pénétrèrent les mines qui servaient visiblement de couverture à la base secrète.

Cette traversée fut rapide et sans difficulté car si des combattants patrouillaient parfois, la majorité de leurs adversaires était inexpérimentée et ne faisait pas long feu ! Ils eurent quand même quelques sueurs froides face à des Gobelins complètement déments et armés d’explosifs en tous genres ! Cela dit Wreny avait déjà fréquenté des ingénieurs Gobelins et savait neutraliser la plupart de leurs inquiétants dispositifs. Bien qu'ils eurent réussis à maîtrisé la plus part des gobelins, ils rebroussèrent chemin, apeurés par de grands pas sourd venant dans leur direction, . Ils constatèrent avec terreur qu'un puissant déchiqueteur commandé par un gobelin fou fonçait sur eux, prenant leur courage à deux mains, ils tentèrent de le maîtrisé, en vain, ils s'enfuirent rebroussant chemin, à toutes jambes. Ce n'était qu'une bref défaite de leur part, se hâtant pour retourner à la Colline des Sentinelles, ils expliquèrent ce qu'ils se tramaient là bas. Cela fût son premier échec, et par ses paroles, elle jura que ce fût le dernier.

Quelques jours passèrent où elle restait à la Colline, prétextant se méfier d’une contre-attaque. En réalité, elle essayait d’y voir clair, la situation étant devenue très confuse pour elle : si Hurlevent était terriblement coupable dans ce qui était arrivé à cette région la Milice du Peuple, elle, n’y était pour rien et des serviteurs de la cité humaine -comme Jester- ne pouvaient pas être blâmés non plus pour les fautes commises par une noblesse pourrie. Pourtant, Yori leur en voulait tous et espérait que ce trouble passe, tant la haine n’était pas dans sa nature ; quoi qu’il arrive, elle voulait garder la foi qu’elle portait en l’humanité. Alors qu’elle ressassait encore et encore les événements récents dans sa chambre à l’auberge, elle eut la surprise de voir Jester entrer, l’air inquiet. Elle le croyait occupé à massacrer des murlocs, et éprouvait malgré tout une certaine joie à le voir : si elle lui en voulait pour sa forte appartenance à la cité dont elle venait de découvrir la vraie nature, elle était contente qu’il fasse preuve d’attention à son égard. Cela prouvait bien qu’il avait une certaine bonté. Apparemment, la confusion et la déprime de sa jeune compagnonne d’armes ne lui avaient pas échappé et cela le tracassait. Yori prit alors le parti, puisqu’il s’était lui-même montré honnête et soucieux, de lui dire ce qu’elle avait découvert. Ils discutèrent plusieurs heures. Si Jester comprenait bien la situation, il ne remettait pas en cause son allégeance à Hurlevent d’autant plus qu’il était sous les ordres de l’Eglise… Mais Yori admirait cela malgré tout, ce qui ne manquait pas de la troubler encore plus. Si depuis les semaines qu’ils se fréquentaient, ils s’étaient toujours bien entendus, ce soir là ils devenaient réellement complices, si bien que, touché par sa détresse, le jeune paladin prit dans ses bras la jeune fille qui pleurait un peu, et l’embrassa délicatement en essuyant sa larme. Malgré sa surprise, Yori se laissa faire et, ignorant si cela était du à sa confusion ou à l’aura de ce compagnon, elle se laissait déborder par ce sentiment d’amour avec une grande satisfaction. Ce soir là était calme, aucun bruit d’affrontement ne parvenait jusqu’à eux si bien qu’ils prirent leur temps afin de se découvrir. Tandis que Yori, qui habituellement écrasait des crânes à coup de masse sans sourciller, tremblait un peu en passant sa main sous la chemise de Jester, pendant que ce dernier l’embrassait dans le cou tout en passant sa main sur l’arrière de ses cuisses. Avec beaucoup de douceur, ils s’effeuillèrent l’un l’autre sans cesser un instant de s’embrasser et de se cajoler… Puis en se reculant légèrement, Jester allongea Yori qui semblait assez anxieuse. Depuis le haut de son buste, jusqu’à son entrejambe encore inexploré, Jester passa doucement sa langue, mordillant ça et là un morceau de chair, un téton, pour finalement se lover entre les jambes de la jeune fille. Celle-ci poussa un petit gémissement dont il ne sut dire s’il était le résultat de la surprise ou du plaisir. Yori ressentait ces deux sentiments à la fois et, pendant quelques minutes se laissa faire, s’engouffrant dans un torrent de plaisir ! Jester était habile et faisait venir tantôt ses lèvres, tantôt sa langue afin de stimuler différemment sa partenaire ; alors qu’elle saisissait de plus en plus fermement ses cheveux, l’incitant à renforcer l’intensité de ses mouvements, Jester n’utilisa alors plus que sa langue afin de faire frissonner de plaisir Yori ! Après quelques minutes, Yori passa une jambe sous la tête de Jester et l’autre au-dessus et pivota sur le lit de telle façon qu’ils se retrouvèrent tous deux allongés sur le côté, tête-bêche. Elle hésita un instant, puis saisit doucement le membre de Jester, qui de son côté ne ralentissait pas. Sans précipitation, elle commença à le caresser aussi… à l’embrasser puis petit à petit à passer sa langue de haut en bas puis, alors qu’elle se sentait plus en confiance, effectua des va-et-vient dans sa bouche tout en faisant tourner sa langue car elle avait remarquait que cela faisait trembler de plaisir son compagnon ! Ils restèrent ainsi dix, peut-être vingt minutes avant que Jester ne viennent se glisser avec une infinie délicatesse entre les jambes de Yori qui avait retrouvé le sourire ! Au fur et à mesure des déhanchés de son amant, elle encerclait celui-ci avec ses jambes, les pieds collés contre ses fesses… Ils firent l’amour toute la nuit, doucement, se câlinant énormément. Leurs étreintes furent nombreuses et passionnées. Tantôt Yori chevauchait le paladin, tantôt il l’initiait à la levrette. Yori ressentit un plaisir jusqu’alors inconnu. Elle savourait ce réconfort qu’elle savait éphémère et tous deux s’endormirent peu avant le lever du soleil.
Au matin, sans dire un mot Yori prit ses affaires et partit. Elle se contenta de donner un dernier baiser à son amant qui dormait profondément et de lui laisser son pendentif qui était un bijou familial sans grande valeur marchande, mais néanmoins assez joli. Elle savait pertinemment que son ressentiment ne pouvait pas être oublié même avec tout l’amour d’un homme ; elle était heureuse de l’avoir connu, elle s’estimait la femme la plus chanceuse du monde d’avoir été déflorée par Jester, mais très vite, elle commencerait bien malgré elle à lui en vouloir d’être si fidèle à Hurlevent. Bref, Yori voulait partir loin. Très loin… Mais elle n’allait pas à l’aventure au hasard : lors de leurs nombreuses discussions, Jester lui avait raconté que dans le nord d’Azeroth, le Fléau frappait toujours.

Après des jours de voyages, où elle traversa le Loch Modan, les Paluns et les Hautes-Terres d’Arathi, et durant lesquelles elle fut confrontée de nombreux ennemis, elle put atteindre enfin les Maleterres afin de prêter main forte à l'Aube d'Argent, toujours aux prises avec le Fléau très persistant dans la zone. Jester lui avait parlé d’un certain Ashlam, un parent et mentor qu’elle trouverait sûrement à la Chapelle de l’Espoir de Lumière. Cependant, avant de s’enfoncer dans ces terres souillées, Yori rencontra des émissaires de l’Aube d’Argent ayant établi un camp peu après la frontière des Maleterres. La prêtresse dirigeant ce camp -le Camp Noroit- accueillit la jeune guerrière avec sollicitude et étonnement : les mercenaires se faisaient rares, souvent incités par la Horde et l’Alliance (avec qui, au grand étonnement de Yori, l’Aube d’Argent s’alliait sans distinction) à aller sur les fronts qui les préoccupaient le plus. La grande prêtresse Mac Donnell prit donc le temps d’expliquer à Yori ce que faisait l’Aube d’Argent dans les Maleterres et surtout l’informa du danger non négligeable d’un voyage dans ces contrées, d’où l’existence de camp qui servait de relais afin de préparer les combattants de passage à affronter les morts-vivants.

La femme et la jeune fille passèrent plusieurs heures à parler. Yori était avide d’aventures et surtout recherchait un nouvel objectif, une nouvelle raison de vivre or le combat de l’Aube d’Argent était aussi périlleux que la tâche était énorme ! Après lui avoir exposé rapidement l’histoire de la région, Mac Donnell parla des ennemis aux alentours, et en particulier des champs autour d’Andorahl et Andorahl elle-même, zones à approcher avec d’infinies précautions et de préférence en groupe ; elle détailla également comment, semble-t-il le Fléau utilisait des chaudrons pour diffuser sa peste et enfin quelles seraient les premières missions à effectuer. Il s’agissait de s’aventurer à la Colline des chagrins où les goules et squelettes pullulaient afin de réduire leur nombre. Mac Donnell insista fortement sur le fait que Yori s’exposait ainsi à un grand danger, et l’informa que, dans tous les cas, les membres de l’Aube d’Argent comme les mercenaires à leur service n’effectuaient jamais seuls leurs missions. La prêtresse fit alors signe à un soldat qui était occupée à trier du matériel près du feu ; la jeune femme s’approcha en souriant, elle avait un air rassurant, un mélange de bienveillance visible sur son visage et d’une stature imposante renforcée par l’armure lourde et luisante que celle-ci arborait. Depuis les quelques heures où elle était arrivé au camp, Yori était impressionnée par l’aura que dégageait les membres de l’Aube d’Argent : ces hommes et femmes qui luttaient contre la Mort elle-même avaient une présence et un charisme impressionnants ! La prêtresse fit rapidement les présentations entre Kate -le soldat- et Yori, puis expliqua les derniers détails et donna les dernières recommandations aux deux guerrières. Il s’agissait d’être très vigilantes car même si la colline était l’un des points faibles du Fléau dans la région, ces adversaires ne devait jamais être pris à la légère : elles devaient y abattre un maximum de goules et corps relevés, mais ne jamais prendre de risques inconsidérés et battre en retraite si cela était nécessaire ; chaque humain tombé au combat était relevé par le Fléau et devenait dès lors un ennemi à éliminer, or il n’était pas question d’étoffer les rangs adverses avec des soldats encore vaillants.
Alors que les deux femmes se mettaient en marche en silence, malgré ce qui les attendait, Yori n’avait pas peur. Elle respirait profondément et remettait machinalement en place le fourreau dans lequel était rangée sa longue lame. L’atmosphère était calme… Pas vraiment paisible, puisque la terre elle-même semblait tarie et qu’il n’y avait pas la trace du moindre animal. Juste calme. Soudain, alors qu’elles approchaient d’un portail en fer, Kate dégaina son arme et incita Yori du regard à faire de même. Aucun mort-vivant n’était visible mais d’après ce que lui avait expliqué Mac Donnell, il était fréquent que ceux-ci soient en embuscade, prêts à bondir à la moindre occasion. Yori commençait à avoir les mains moites et serrait d’autant plus son épée… L’attente ne fut pas longue : à peine s’approchèrent-elles d’une crypte en ruine qu’elles entendirent un gargouilli, un râle sorti de cordes vocales déformées et découvertes. D’un geste, Kate se précipita en hurlant sur l’abomination afin de lui porter une attaque violente. Yori, elle, au moment où elle avait aperçu la goule, était déboussolée. Il s’agissait d’un monstre, dont on pouvait deviner qu’il fut jadis humain, mais qui était désormais dépourvu d’un bras, avait les globes oculaires rongés par les vers et qui bougeait comme une poupée inanimée. Elle était totalement paralysée. Elle voyait bien que sa compagne d’arme, aux prises avec le monstre, avait besoin d’aide mais elle ne pouvait rien faire… Elle restait bloquée, les larmes lui montant aux yeux et commencer à relâcher la garde de son arme. Cette faiblesse lui fut fatale : d’autres goules arrivées par derrière se jetèrent sur Yori, et le cri d’alerte de Kate ne fut pas suffisant pour que lui permettre d’éviter l’assaut. Yori se retrouva soudainement à terre, du sable plein le visage et la bouche alors qu’une goule lui frappait violemment le dos et que la deuxième arrachait un morceau de son mollet avec sa mâchoire qui bien que déformée, avait déjà rendue Yori incapable de se mouvoir ! Alertés par les bruits, quelques autres monstruosités et squelettes arrivèrent, et Kate, submergée et soudainement seule contre tous ces morts-vivants, reculait en donnant des grands coups d’épées. Elle criait quelque chose à Yori mais celle-ci n’entendait pas ce qu’elle tentait de lui dire : tordue de douleur et de peur, elle criait, crachait du sang et gémissait sans s’arrêter. La plupart des goules pourchassant Kate qui s’enfuyait en courant, Yori tenta bien de bouger pour s’enfuir mais ne réussit à se lever que quelques secondes et s’écroula, incapable de supporter les douleurs des multiples morsures.
Elle passa plusieurs dizaines de minutes ainsi sur le dos, les yeux embués de larmes et souffrant le martyr alors que des êtres plus répugnants les uns les autres lui rongeaient des morceaux de chair. Alors qu’une goule s’affairait à lui entailler la cuisse droite, une autre aux doigts acérés plongea sa main dans son ventre avec force ! Yori qui était déjà à l’agonie ne poussa qu’un faible gémissement malgré le choc que la douleur créa. Alors que la bête commençait à plonger sa langue afin de mordre dans les entrailles de la guerrière défaite, trois coups secs au sol résonnèrent, et les goules arrêtèrent subitement leur « festin ». Un homme, ou du moins un être ressemblant à un vieil homme au visage inhabituellement ridé, vêtu d’une robe et arborant de nombreux os sur sa tenue, appuyé sur un bâton en forme de crâne se pencha au-dessus de Yori : « Mais qu’avons-nous là ?... Voilà qui pourrait bien resservir, pour peu qu’on y prête un peu attention ! » dit-il en ricanant de façon malsaine. D’un geste de la main, il ordonna aux morts-vivants de s’écarter. D’une main, il saisit son grimoire et plaça son autre main (celle tenant le bâton) au-dessus du corps… Alors qu’il récitait des incantations dans une langue singulière, une aura sombre entoura Yori tel un cercueil translucide et s’éleva doucement au-dessus du sol. La fille perdit alors conscience.

Lorsqu’elle se réveilla, chose qui l’étonna, bien qu’elle ne fût pas en possession de toutes ses capacités physiques et psychiques, elle se trouvait nue, pieds et poings liés, sur une grande planche de bois dans un endroit très froid. Elle était incapable de se concentrer afin de déterminer quel était cet endroit mais avait observé des murs sombres et suintants et des outils métalliques aux formes étranges exposés à proximité. Elle ne pouvait rien voir d’autre mais les sons étaient bien plus inquiétant que ce qu’elle aurait pu voir de ses yeux : des bruits d’armes, de goules s’agitant et des cris humains elle se posait une question, seule, dans sa tête : «étaient-ils vraiment humains ?»… Alors que sa conscience lui revenait, elle se demandait comment elle pouvait être en vie malgré ses blessures et se demandait pourquoi le vieil agent du Fléau l’avait emmenée ici. Elle était terrifiée. Sa crainte ne fut pas atténuée lorsqu’elle vit les hommes qui se tenaient devant elle.

Encore une fois, même s’elle voyait qu’ils étaient ses semblables, de nombreux détails leur enlevaient leur humanité : tous avaient le teint blafard, souvent leurs visages étaient marqués, mais surtout ils avaient un dénominateur commun… Leur regard. Il était à la fois résolu et inhumain, comme si ces êtres étaient possédés ; et la terreur que celui-ci inspirait n’était qu’amplifié par le voile blanc qui couvraient leurs yeux. Le plus grand des trois hommes qui se tenaient devant Yori semblait être un combattant : il était pourvu d’une lourde armure et était une véritable armoire à glace. Il s’adressa au nécromancien qui l’avait « sauvée » d’une voix difforme et effrayante : « Ha ! Celle-ci est robuste, nous pourrions en tirer quelque chose… Tu as eu un bon coup d’œil Norleth. Donne-lui quinze jours et si elle ne se plie pas à la volonté du Roi-Liche, elle nourrira les goules. » A ces derniers mots, le nécromancien sourit d’un air vicieux et répondit « Bien entendu Instructeur Razuvious ! Cela sera fait, elle ne résistera pas plus que les autres, hin hin… ». L’Instructeur tourna les talons et laissa Yori avec Norleth et l’acolyte qui, depuis le début, était occupé à murmurer de sombres incantations et était agenouillé devant Yori. D’étranges effluves s’écoulaient entre ses mains et les blessures de la fille, ce qui lui faisait supposer qu’il la maintenait ainsi en vie ; elle ne pensait pas qu’il la soignait tant cela la faisait souffrir et car les plaies étaient ouvertes et nécrosées.

Les jours qui suivirent n’était qu’un enchaînement de tortures, plus cruelles les unes que les autres. Le nécromancien Norleth s’occupait d’elle quotidiennement avec une ardeur malsaine et une cruauté indicible. En outre, il répétait des paroles que Yori, qui avait peu affronté le Fléau, ne comprenait pas. « Tu vas céder à la volonté du Roi-Liche !... Ton monde est condamné… Obéis à ton maître, et tu connaîtras une puissance sans égale ! ». Terrifiée, elle n’ouvrait la bouche que pour hurler de douleur tant Norleth se montrait très imaginatif dans ses tortures. Les premiers jours, il ordonnait à des goules qui l’accompagnaient de frapper Yori, et celles-ci se déchaînaient avec une surprenante vigueur, étant donné l’état de leurs corps putréfiés. Mais rapidement Norleth semblait déçu de l’inertie de Yori. Dès lors, il multipliait les supplices : il lui versait des vers dans les plaies, qui ravivaient et dévoraient ses chairs déjà dans un triste état, lui cassait parfois certains os en y plantant une dague qu’il tournait soudainement, utilisait une magie impie afin de lui faire ressentir une incroyable douleur tout le long du corps, la lacerait pour ensuite jeter un liquide très acide sur les entailles, la glaçait souvent jusqu’à frôler l’inconscience… Il ne se passait pas une heure sans que Yori n’hurle à s’en déchirer les cordes vocales, au point qu’elle crachait régulièrement du sang entre deux cris. Ce faisant, il continuait à l’inciter à s’offrir à ce fameux « Roi-Liche » en échange de quoi elle découvrirait la non-vie, serait délivrée et se verrait conférer une puissance inimaginable pour la guerrière de pacotille qu’elle était. Yori, si elle ne se résignait pas, ne s’opposait pas réellement à ce que lui proposait le nécromancien ; mais celui-ci ne paraissait pas intéressé par le fait que la fille pouvait accepter pour voir son tourment achevé : il répétait ses invitations et ses tortures, comme si cela devait être fait avant même qu’elle ne puisse se résigner.
Après ce qui avait semblé être des semaines de souffrances, mais qui n’avait certainement été que quelques jours, un nouvel être se présenta devant Yori. Plus que jamais elle était terrifiée ! Cet homme grand, dont l’armure parsemée de crânes et d’os couvrait tout au point que seul deux globes bleus rayonnants, qui devaient être ses yeux, étaient visibles, ne devait être autre que ce fameux Roi-Liche. Pour la première fois depuis qu’elle était attachée à cette planche de bois où elle avait pourtant subi l’enfer, Yori trembla, pleura, claqua des dents et se débattit vainement. Alors qu’elle s’agitait et paniquait, elle entendait la voix du chevalier s’immiscer dans sa tête, lui parler… D’abord elle cru qu’il lui chuchotait à l’oreille, mais il se tenait toujours droit comme un « i » devant elle. C’est à ce moment, qu’elle aperçut la lame de celui-ci. L’avait-il bougée pour qu’elle ne la remarque qu’à ce moment ou Yori ne s’inquiétait-elle de cette arme que tardivement ? Le fait est que sitôt qu’elle la vit, le Roi-Liche effectua un rapide et précis mouvement pour la planter dans le ventre de Yori, déjà béant. Avant même que celle-ci ne puisse crier sa douleur, elle sentit un froid dévorant partir de la lame et raidir tout son corps. Elle devenait dure comme de la pierre, incapable de bouger et souffrait plus que jamais. Il resta ainsi, la lame plantée dans la jeune fille puis l’enleva doucement alors que son passage dans la blessure se faisait douloureusement sentir. Alors que ses membres étaient toujours raides et qu’elle sentait la vie la quitter, Yori perdit conscience.
« Au nom du Roi-Liche, relève toi Initiée ! »
Elle ouvrit les yeux et sentit le sol froid contre sa peau. Elle était nue, allongée au sol. Elle regardait celui qui venait de prononcer ces mots et qui avait encore les bras tendu vers elle, tremblant dans un spasme dû à l’effort requis par l’incantation. Elle se releva et se regarda : non ses plaies et blessures n’avaient pas disparu, son corps était toujours mutilé à son grand étonnement. Mais elle ne souffrait plus. Elle comprenait : c’était donc ça la non-vie ? Elle se sentait comme délivrée du joug que lui avaient imposé son corps et son esprit jusque là. Ces constatations furent brusquement interrompues : « Ha ! Bien, je vois que j’ai bien fait de te porter un peu d’attention… » C’était le nécromancien à qui elle sourit spontanément en guise de reconnaissance. « Cela dit hâte toi, initiée ! Le Roi-Liche veut te voir. Enfile une tenue et va le voir » ajouta-t-il en indiquant un tas d’habits, pour la plupart en lourd tissu noir renforcé de métal.

Elle se dépêcha de se vêtir et en profita pour inspecter l’endroit et localiser le Roi-Liche. Elle se trouvait dans une salle où de quelques autres initiés s’activaient et dans laquelle de nombreux nécromanciens exerçaient leurs talents sur des corps inanimés. Une partie de cette salle était ouverte et semblait donner sur une terrasse : c’est la que se trouvait son nouveau maître.

Alors qu’elle enfilait sa capuche, elle se dirigeait vers ce dernier qui regardait en contrebas. Sans même qu’elle lui adresse la parole il tourna la tête et lui parla.

« Bonjour Initiée. Tu es enfin prête à prouver si tu peux me servir ?... Puissance, colère, cruauté. Laisse tout ceci t’envahir sans retenue et tu deviendras peut-être un instrument digne du Fléau. Tu auras d’ici peu l’occasion de montrer ton cran parmi ceux qui furent jadis les tiens. » dit-il en désignant du bout de sa lame les camps qui se trouvaient en bas. « Va, initiée. Va commencer les épreuves qui feront de toi un Chevalier de la Mort. Si tu y survis… Razuvious t’attend. » Sans oser ouvrir la bouche, elle recula puis se détourna et alla vers l’Instructeur. La voyant arriver, il sourit et lui dit « Alors, initiée… D’ailleurs quel est ton nom ? Je ne me souviens pas que Norleth ne me l’ait jamais dit » Elle dut se concentrer quelques secondes pour que cela lui revienne et alors qu’elle tenta de pronocer « Yori Glenn », sa mâchoire déformée ne lui permit que de dire « Yor…*tousse* Gle… ». L’Instructeur acquiesça et reprit « Bien, initiée Yörgle, tu vas devenir une arme du Fléau, une ambassadrice de la douleur, tu devras semer chaos et souffrance. ». Il passa quelques minutes à expliquer les premières tâches que Yörgle, de ce nouveau nom qui finalement lui plaisait car rompait avec son passé de guerrière itinérante et faiblarde, devrait effectuer. Ainsi, les semaines qui suivirent firent de cette morte-vivante initiée un véritable Chevalier de la Mort. En premier lieu, on lui vit confier une lame qu’elle apprit à enchanter de runes. Une fois ceci fait, on lui apprit à se battre et à répandre peste et mort. Pour cette besogne, les initiés indignes d’être Chevaliers de la Mort étaient utilisés : avec un plaisir indescriptible elle utilisa les enseignements prodigués afin de massacrer ces êtres faibles qui tentaient vainement de résister.

Rapidement, elle eu la chance de tuer des cibles vraiment alléchantes. En effet, la Nécropole où elle faisait sa formation, Achérus, lançait une attaque contre les villages et les camps militaires de la Croisade Ecarlate. Si affronter les paladins et magiciens de la Croisade était amusant, car ces insectes essayaient de se battre malgré leur puissance ridicule, ce qui amusait le plus Yörgle était de massacrer les villageois en fuite. Ceux-ci étaient souvent terrifiés et implorait la pitié de la morte-vivante. Ha ! Quand ce genre de requêtes était faite, elle riait de sa voix déformée par les jours de tortures ce qui effrayait d’autant plus les civils, qu’elle s’empressait de décapiter ou d’éventrer. Elle se délectait de l’effroi qu’elle causait lorsqu’elle tuait les parents sous les yeux de leurs enfants avant d’achever ces derniers ou qu’elle exécutait des villageois implorant la pitié ou proposant divers biens. Pendant tout ce temps, elle sentait le Roi-Liche l’accompagner, guider sa lame. Parfois elle l’entendait parler, alors qu’il l’incitait à tuer et répandre la souffrance.

Ceci avait duré plusieurs semaines. Des jours de massacres ininterrompus au cours desquels elle avait affûté ses reflexes, développé ses compétences dans la mort et l’effroi, où elle s’était renforcée et nourrie de l’agonie de ses victimes.


Jusqu’à cette bataille. Jusqu’à la délivrance. La vraie cette fois, celle qui l’avait menée, elle et ses « compagnons » d’armes, à se défaire de l’emprise de leur sombre maître. Accompagnée du tourment engendré par ce qu’elle était devenue et ce qu’elle avait accompli sous l’influence de la volonté du Roi-Liche, Yori allait de nouveau marcher aux côtés des royaumes qu’elle avait –bien malgré elle- trahis.


« Yori »... Non. Yori Glenn était morte. Et bien que ce fût son nom durant des mois de massacres et de cruauté, aujourd'hui jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'une coquille vide, ce sera Yörgle. C'était le nom sous lequel elle avait servi le Fléau, c'est désormais celui sous lequel elle a été libérée de son joug pour revenir payer sa dette auprès des peuples qu'elle avait abandonnés.
« Yörgle »...

[HRP] Je l'ai un peu amélioré depuis que je l'ai posté sur mon ancien forum RP officiel, mais même si je ne suis pas encore sur votre serveur, je vous laisse donner une note, je prend toute critique positive ou négative, tant que je peux améliorer. Voilà, j'espère que ça vous aura plût. Bonne nuit. [HRP]


Dernière édition par Yörgle le Mar 5 Juil - 15:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du houblon aux chaudrons.   Mar 5 Juil - 13:16

Alors, j'ai entamé la lecture, mais n'ai pas terminé, car plusieurs choses me titillent.

Tout d'abord, sache qu'il est bien écrit, je n'ai relevé que peu de fautes (Ou alors je suis tellement fatigué que je les vois plus), et la lecture est quelque peu fluide.

Toutefois, la trop grosse présence de paranthèses...J'accroche pas, sépare tes phrases de virgules, ça peut les remplacer.

Enfin, je me suis arrêté pour une raison qui me chagrine : L'assaut de la Base des Défias.

Je ne sais pas si tu t'es renseignée, mais Van Cleef a reçu l'entraînement de Matthias Shaw, l'actuel dirigeant du SI:7, spécialisé dans le crime, le vol, le sabotage et tout et tout, dans le but qu'il le rejoigne, mais ça, c'était il y a longtemps. De plus, Van Cleef a formé les défias, il ne s'agit plus là de vulgaires maçons, mais de véritables assassins, surtout ceux dans les Mortemines.

Je pense qu'il te faut corriger cela, tu n'as qu'à dire que tu les repousses jusque dans les montagnes, mais que, faute de manque d'hommes, tu ne peux pas aller plus loin, les ayant déjà bien repoussés...

J'ai apprécié la lecture, mais elle ne respecte pas tellement l'Histoire, pour cette partie en tout cas. J'attends une réponse, des explications, ou une modification avant de lire la suite.

( Je joue moi même un défias Very Happy )
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MessageSujet: Re: Du houblon aux chaudrons.   Mar 5 Juil - 13:41

Bonjour Eliott.
Je vais prendre tes remarques, et ainsi, je vais corriger tout cela, en essayant aussi, comme tu me l'as précisé de supprimé les parenthèses, au sujet de l'assaut sur la base Défias, je compte corriger cela. Voilà, je compte le corriger cette après midi. Bon jeu, ou bonne lecture.
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MessageSujet: Re: Du houblon aux chaudrons.   Mar 5 Juil - 14:32

Réponds à la suite de ce message quand tu auras fini, car j'ai bien accroché à l'histoire, et j'ai hâte de lire la suite.
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MessageSujet: Re: Du houblon aux chaudrons.   Mar 5 Juil - 15:12

Voilà, la bataille a été refaite, j'ai suivit tes conseils, bonne lecture.
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Galexon

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MessageSujet: Re: Du houblon aux chaudrons.   Mer 6 Juil - 23:40

    Demande longue, en effet, mais j'ai bien aimé la lire.
    Ta demande de chevalier de la mort est acceptée.
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MessageSujet: Re: Du houblon aux chaudrons.   Lun 3 Oct - 15:22

Juste au cas où quelqu'un tomberait sur cette page via Google, l'OP a plagié (copié collé, en fait...) le texte RP et a utilisé mon pseudo au passage. T_T
Affaire réglée en MP avec Prodromos mais vu que c'est le premier résultat Google de "Du houblon aux chaudrons", je préférais faire cette précision !

Yorgl aka Gangreboulon (désormais ^^).
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MessageSujet: Re: Du houblon aux chaudrons.   Lun 3 Oct - 18:01

Plagiat ? Ouille...
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MessageSujet: Re: Du houblon aux chaudrons.   Mar 4 Oct - 0:04

Voyons le verre à moitié plein : vous avez lu, et visiblement apprécié, pour certains la genèse de Yörgle.
Pour la ptite histoire j'ai rédigé ce texte pendant la bêta de LK (puisque j'avais eu la chance d'y être) en attendant la release du jeu. Pour voir la version avec les screens (je m'étais donné du mal pour que ça ait l'air de qq chose), voyez ici : http://cdt-rp.monalliance.net/t47-du-houblon-aux-chaudrons
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